Voilà la fin de l'histoire de présentation d'Oréade ma Another Alice custo.
Depuis le temps que je trainais cette séance sur mon disque dur, les photos sont prêtes depuis l'automne il manquait que le texte...voilà qui est fait !
(mieux vaut tard que jamais, ça m'embêtait de ne pas finir cette série)

Les photos ne sont pas d'une bonne qualité, depuis j'ai un nouveau appareil qu'il me tarde d'essayer sur le tan d'Oréade.

Je remets en lien les deux premières parties.

 Part.1
 Part.2


Je suis donc une Oréade, une nymphe terrestre, une bâtisseuse, dédiée à la fabrication des pierres précieuses.
J’ai crée l’or et ce fut ma perte.

Au début nous étions seuls puis l’homme arriva et nous n’avons pas mesuré quel danger il pouvait représenter pour l’équilibre.
Les hommes croyaient en nous et nous aimions nous amuser à leur apparaître provoquant encore plus leur adoration.
Mes sœurs étaient comme ça, surtout les néréides qui envoûtaient les marins avec leurs magnifiques chants.
Elles jouaient des sentiments des hommes et de leur naïveté.

Je n’aimais pas les hommes, je m’en méfiais et mettais en garde les miens.
Je leur répétais sans cesse que la méchanceté de ces êtres se retournerait contre nous quand ils comprendraient que nous nous jouions d’eux et ils se mettraient en colère et nous chasseraient.



Un jour je croisais un bel et jeune humain qui semblait désespéré. Il était alchimiste et rêvait de transformer les pierres en or. Je m’épris de lui, j’étais amoureuse pour la première fois de ma vie et je me montrais à lui le plus naturellement possible, persuadée que nos deux peuples pouvaient vivre en paix si la confiance et l’honnêteté devenaient enfin la base de nos rapports.



J’essayais de rester discrète sur mes pouvoirs, m’abaissant à son niveau et m’émerveillant de ces talents d’alchimiste car sans qu’il le sache je transformais à sa place les pierres en or.
Petit à petit j’étais devenue sa muse, son inspiration car, me disait-il, dès qu’il était loin de moi son pouvoir n’était plus …et pour cause vu que de pouvoir il n’avait pas.
J’avais évité d’être une déesse et comme une muse il me voyait. Qu’importe à ses côtés j’étais heureuse, je me sentais humaine ou presque.



Bien sur je cachais cette aventure aux miens qui n’auraient jamais toléré une telle relation. On pouvait s’amuser des humains, faire en sorte qu’ils nous craignent et nous admirent pour nous laisser en paix mais en aucun cas avoir d’aventure amoureuse avec eux, même si certains avaient déjà contourné cette loi et l’avait payé bien cher.

Cependant dans mon jeune âge, la prudence n’était pas mon for et un jour alors qu’admirant la bague que mon amoureux croyait avoir créée pour moi et qu’il venait de m’offrir, je sautillais sur un chemin, transformant la rosée du soleil en pierres précieuses et les fils des toiles d’araignées en diamant scintillant, j’entendis un cri.
Il était trop tard, il m’avait suivie et m’avait vue à l’œuvre. Alors pour sauver notre amour, je lui dis la vérité, toute la vérité. Il m’écouta longuement et une fois mon histoire terminée avec des yeux avides et un rictus qui déformait son visage, il m’ordonna de lui construire une montagne en or et un palais en pierres précieuses au sommet de cette montagne, prix de son silence.
Ce fut avec beaucoup de peine que je m’exécutais, et une fois l’ouvrage terminé il disparut à tout jamais dans son palais loin de moi.



Jaloux de son pouvoir, les autres hommes lui firent la guerre et son palais et sa montagne furent démontés pierre par pierre. La guerre et le pouvoir envahirent le cœur de tous les hommes comme une tumeur et le sang coula dans ce monde devenu folie. Notre existence fragile était menacée avec la disparition des forêts et des montagnes, nos pouvoirs bien que grands ne pouvaient rien contre la violence. Nous ne savions pas nous battre.



Les miens comprirent que j’avais joué un rôle dans ce bouleversement des équilibres, vu que j’étais la seule à créer l’or et les pierres précieuses. Il y eut un procès durant lequel j’avouais toute mon implication, leur racontant chaque détail de l’histoire.

Le jugement fut sans appel, puisque j’avais voulu que les hommes me considèrent comme leur égale j’étais bannie de mon peuple et mon immortalité devrait hanter le monde des humains à tout jamais.
Je vis mon peuple quitter les terres envahies de mon enfance, j’ignore aujourd’hui où ils sont cachés. Jamais depuis des siècles je n’ai croisé un membre de mon espèce.



Ma vie est solitaire, j’erre dans ce monde hideux de béton où la nature est rarement sauvage. Je parcours le monde espérant retrouver les miens pour implorer leur pardon. J’aime revenir sur le lieu de mon enfance malgré ce qu’il est devenu. Lors de ces pèlerinages, à la tombée de la nuit, loin des regards j’aime m’enfouir dans la terre de ma naissance afin de communier avec celle qui renferme les souvenirs de cette époque où rien ne venait perturber notre innocence.